Le plafond de sécurité sociale répond à une autre question : combien de télétravail transfrontalier pouvez-vous effectuer sans que votre affiliation bascule de la Suisse vers la France ? Depuis le 1er juillet 2023, l'accord-cadre UE/AELE sur le télétravail transfrontalier habituel — que la France et la Suisse ont tous deux signé — permet de télétravailler dans l'État de résidence jusqu'à un peu moins de 50 % du temps de travail total (49,9 % par convention) tout en restant affilié dans l'État de l'employeur.
La mécanique diffère de la règle fiscale sur un point important : ce n'est pas un élément que vous déclarez vous-même. L'accord fonctionne comme une dérogation permanente fondée sur l'article 16 du règlement (CE) n° 883/2004, et c'est votre employeur qui demande le certificat A1 attestant que la législation suisse continue de s'appliquer. La voie standard documentée par le CLEISS couvre le cas simple : un travailleur salarié, un seul employeur suisse, et le télétravail comme seule activité exercée depuis la France. Tout ce qui sort de ce schéma — plusieurs employeurs dans des États différents, une activité indépendante en parallèle, une seconde activité en France — sort de la voie standard, et les bons guichets sont alors le CLEISS côté français et la caisse de compensation de votre employeur côté suisse.
Pour votre décompte, la conséquence est la suivante : les 49,9 % se mesurent par rapport à votre temps de travail total, et la question est de savoir quelle part de votre travail est effectuée en France. Le même journal de jours sert donc, mais pas avec la même formule que pour la règle fiscale : le plafond de 10 jours de mission est une règle fiscale, et un jour de mission effectué en France reste, pour la sécurité sociale, une activité exercée en France.