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Préavis de location : 1 ou 3 mois ? Les règles 2026 pour quitter votre logement sans payer un loyer de trop
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Série bail et location en France

  • Dépôt de garantie : règles, retenues, litiges
  • Révision de loyer IRL (guide bailleur)
  • Charges récupérables
  • Donner congé au locataire
  • Courte durée : les règles du meublé de tourisme
  • Rent by AL : mise à jour app + web
  • Droits du locataire : dépôt, travaux, preuve
  • Impôt locatif du bailleur non-résident (2044)
  • Fiscalité LMNP : micro-BIC ou réel
  • Bail de location : le guide complet
  • Obligations du bailleur : la quittance
  • Modèle gratuit de quittance (guide légal)

Préavis de location : 1 ou 3 mois ? Les règles 2026 pour quitter votre logement sans payer un loyer de trop

Publié le 17 juillet 2026

Nouveau logement, mutation dans une autre ville, départ de France : vous devez donner congé à votre bailleur, et la première question est toujours la même — le préavis est-il de un ou de trois mois ? La réponse honnête : « ça dépend, précisément ». Trois mois par défaut en location vide, un mois en meublé, et un mois en location vide si votre commune ou votre situation personnelle le permet — sous des conditions que beaucoup de sites résument mal. Se tromper sur le préavis réduit peut coûter jusqu'à deux mois de loyer supplémentaires ; se tromper sur la remise du congé, et le compteur ne démarre jamais. Ce guide déroule les règles 2026 de l'article 15 de la loi n° 89-462 telles qu'un locataire les vit réellement : quel préavis s'applique, la subtilité de la liste zone tendue qui piège même les sites français, le point de départ exact du délai, le calcul de la date de fin au quantième près, et comment invoquer le préavis d'un mois sans le perdre. Ceci est une information générale, pas un conseil juridique personnalisé — vérifiez votre situation sur les sources officielles citées.

En bref

  • Location vide : 3 mois par défaut, 1 mois si un motif légal s'applique — art. 15, I de la loi n° 89-462. Meublé : toujours 1 mois, sans motif (art. 25-8).
  • Le préavis réduit « zone tendue » couvre 1 434 communes, pas ~3 700 — seule la première liste de l'annexe du décret n° 2013-392 (zones d'urbanisation continue de plus de 50 000 habitants, art. 232 I 1° CGI) ouvre le préavis d'un mois ; les 2 263 communes « tendues touristiques » ajoutées pour la fiscalité, non.
  • Le délai court à la réception, pas à l'envoi — date de signature de la LRAR par le bailleur, remise en main propre contre récépissé, ou signification par commissaire de justice. Une LRAR jamais retirée ne fait rien courir (Cass. 3e civ., 24 sept. 2020, n° 19-16.838).
  • La date de fin se calcule de quantième à quantième — congé reçu le 5 septembre + 1 mois = fin le 5 octobre ; si le jour n'existe pas dans le mois cible, le délai expire le dernier jour du mois (reçu le 30 janvier → 28 février). Week-ends et jours fériés comptent.
  • Le motif doit figurer dans la lettre dès l'envoi — et le justificatif doit l'accompagner pour les motifs personnels ; produit plus tard, il ne compte pas (Cass. 3e civ., 11 avr. 2019, n° 18-14.256). Pour la zone tendue, la mention et l'adresse du logement suffisent (Cass. 3e civ., 11 janv. 2024, n° 22-19.891).
  • Loyer et charges restent dus pendant tout le préavis — sauf accord du bailleur ou relocation anticipée (service-public.fr F1168).

Vide ou meublé : quel préavis s'applique à vous

Tout part du type de bail que vous avez signé :

Type de bailPréavis du locataireBase légale
---------
Meublé (location meublée)1 mois, toujours — aucun motif à fournirart. 25-8, loi n° 89-462
Vide (location vide)3 mois par défautart. 15, I, loi n° 89-462
Vide + motif légal (voir plus bas)1 moisart. 15, I, 1° à 5°

Contrairement au bailleur, le locataire peut donner congé à tout moment en cours de bail — pas besoin d'attendre l'échéance, et vous n'avez jamais à justifier votre départ en tant que tel. La seule question est la durée du préavis.

Si votre bail est meublé, vous pouvez sauter les deux sections suivantes : votre préavis est d'un mois, point, quelle que soit la commune et quel que soit votre motif. En location vide, le défaut est de trois mois — mais un nombre surprenant de locataires ont droit à un mois sans le savoir, et un nombre plus réduit (mais réel) croient y avoir droit à tort. C'est ce second groupe qui paie l'addition.

La zone tendue — et la subtilité des 1 434 communes que la plupart des sites ratent

La voie la plus connue vers le préavis d'un mois en location vide est la zone tendue : si le logement se situe dans une zone d'habitat tendue au sens de l'art. 15, I, 1°, votre préavis tombe à un mois automatiquement — sans justification personnelle.

Voici le point que même beaucoup de sites francophones traitent mal. On lit souvent que « la zone tendue couvre environ 3 700 communes ». Ce chiffre agrège deux listes différentes :

  • Liste 1 — celle qui compte pour votre préavis : l'annexe du décret n° 2013-392, qui vise les zones d'urbanisation continue de plus de 50 000 habitants (art. 232 I 1° du CGI) — 1 434 communes après les mises à jour des décrets n° 2023-822 et n° 2025-1267. Paris et son agglomération, Lyon, Marseille, Lille, Bordeaux, Toulouse, Nice, Nantes et les autres grandes unités urbaines.
  • Liste 2 — fiscalité uniquement : environ 2 263 communes « tendues touristiques » supplémentaires (art. 232 I 2°), ajoutées en 2023-2024 pour permettre aux communes littorales et de montagne d'appliquer la majoration de taxe d'habitation sur les résidences secondaires et la taxe sur les logements vacants. Figurer sur cette seconde liste ne réduit pas le préavis du locataire — lecture confirmée par l'ANIL comme par l'UNPI, et conforme au simulateur officiel de service-public.fr.

Un locataire d'une commune balnéaire bretonne ou d'une station alpine peut donc lire, à raison, que sa commune est « en zone tendue » au sens fiscal — et devoir malgré tout trois mois de préavis. Invoquer la mauvaise liste dans votre lettre de congé ne se contente pas d'échouer : cela peut vous laisser redevable des trois mois de loyer.

Avant d'écrire quoi que ce soit, vérifiez votre commune exacte et calculez votre date de départ avec le simulateur de préavis gratuit d'AdminLanding — il applique la première liste du décret, pas le chiffre des gros titres.

Les autres motifs de préavis réduit : emploi, santé, violences, prestations

La zone tendue n'est que le 1° de l'art. 15, I. Même hors des 1 434 communes, votre préavis en location vide tombe à un mois dans les situations suivantes :

  • 2° — Événements professionnels : obtention d'un premier emploi, mutation professionnelle, perte d'emploi, ou nouvel emploi consécutif à une perte d'emploi. C'est le motif le plus courant — une mutation décidée par l'employeur, un licenciement, ou une embauche après une période de chômage. Attention à la chronologie : un nouvel emploi après une perte d'emploi compte ; démissionner pour un meilleur poste, en principe, non.
  • 3° — Santé : un état de santé, constaté par certificat médical, justifiant un changement de domicile.
  • 3° bis — Violences conjugales : le locataire bénéficiaire d'une ordonnance de protection, ou dont le conjoint, partenaire ou concubin est poursuivi ou condamné pour des violences commises sur lui ou sur un enfant du foyer (loi n° 2020-936).
  • 4° — Prestations : les bénéficiaires du RSA ou de l'AAH.
  • 5° — Logement social : l'attribution d'un logement social.

Une précision qui circule mal : ces motifs figurent à l'art. 15, I — le paragraphe III du même article concerne la protection du locataire âgé contre le congé du bailleur, et n'a rien à voir avec votre préavis réduit. Si un modèle de lettre trouvé en ligne cite « l'article 15 III » pour une mutation, jetez le modèle.

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Le point de départ du délai : la réception — et le piège de la LRAR non retirée

Le préavis ne court pas du jour où vous postez votre lettre. Selon l'art. 15, I, il court du jour où le bailleur reçoit le congé, et seuls trois modes de remise sont valables :

  • Lettre recommandée avec avis de réception (LRAR) — le délai part du jour où le bailleur signe l'avis de réception ;
  • Remise en main propre contre récépissé ou émargement ;
  • Signification par commissaire de justice (l'officier autrefois appelé huissier).

Un e-mail, un message WhatsApp ou une lettre simple ne font rien courir, même si le bailleur les a manifestement lus.

Et voici le piège. Si vous envoyez une LRAR et que le bailleur ne la retire jamais au bureau de poste, la Cour de cassation est sans ambiguïté : une lettre recommandée non effectivement remise ne fait pas courir le préavis (Cass. 3e civ., 24 sept. 2020, n° 19-16.838). Votre préavis n'a silencieusement jamais commencé, et le loyer continue de courir. La Cour a appliqué la même logique à la lettre recommandée électronique (LRE) en 2025 (Cass. 3e civ., 7 mai 2025, n° 23-13.151).

Conséquences pratiques quand on a une date de déménagement :

  1. Envoyez la LRAR tôt, et suivez-la — « avisé » n'est pas « distribué ».
  2. Si le suivi montre une lettre en souffrance, n'attendez pas la fin du délai de garde en espérant : repliez-vous sur un commissaire de justice, dont la signification vaut même contre un bailleur qui esquive le facteur.
  3. Si le bailleur est proche et coopératif, la remise en main propre contre récépissé daté et signé est gratuite et immédiate.

Le calcul de la date de fin, de quantième à quantième — avec exemple

Les délais de préavis se comptent de quantième à quantième — jour pour jour, en calendrier réel, sans report pour week-end ou jour férié. Les règles, telles que les expose la fiche F32360 de service-public.fr :

  • Le délai expire le jour portant le même quantième que le jour de réception du congé, dans le mois cible.
  • Si le mois cible n'a pas ce quantième, le délai expire le dernier jour de ce mois.
  • Samedis, dimanches et jours fériés comptent comme les autres, y compris comme dernier jour.

Exemples pour un préavis d'un mois :

  • Le bailleur signe la LRAR le 5 septembre → le bail prend fin le 5 octobre.
  • Il signe le 30 janvier → février n'a pas de 30 → fin le 28 février (29 les années bissextiles).

Et pour les trois mois par défaut : congé reçu le 14 juillet → fin du bail le 14 octobre. Le loyer (et votre responsabilité sur le logement) courent jusqu'à ce dernier jour inclus ; l'état des lieux de sortie et la remise des clés se font au plus tard à cette date. Si le calcul combiné à la vérification de commune vous paraît propice à l'erreur — il l'est ; c'est exactement ce que le calculateur de préavis gratuit d'AdminLanding résout en une passe.

Comment invoquer le préavis d'un mois sans le perdre

Le préavis réduit n'est pas automatique côté formalités : l'art. 15, I impose au locataire de préciser le motif et de le justifier au moment de l'envoi du congé. Deux arrêts de la Cour de cassation fixent exactement ce que cela signifie :

  • Motifs personnels (emploi, santé, RSA/AAH, logement social) : le justificatif — lettre de mutation, documents de rupture, certificat médical, attestation de prestation — doit accompagner la lettre de congé. Un locataire qui avait invoqué une mutation mais n'a produit la preuve qu'en cours de procédure a été tenu aux trois mois : fourni après coup, le document ne compte pas (Cass. 3e civ., 11 avr. 2019, n° 18-14.256).
  • Zone tendue : il faut mentionner le motif, mais aucune pièce n'est légalement exigée — indiquer que le logement se situe en zone tendue, avec l'adresse du logement, suffit, et le bailleur ne peut pas exiger davantage (Cass. 3e civ., 11 janv. 2024, n° 22-19.891). Citer le décret n° 2013-392 dans la lettre reste une bonne pratique.

Et l'erreur miroir : une lettre de congé sans motif mentionné et sans pièce jointe déclenche le préavis de trois mois — impossible de réparer rétroactivement en envoyant le justificatif quinze jours plus tard. Le modèle sûr : identifier le bail et le logement, donner congé, énoncer le motif légal précis (article et alinéa), joindre la preuve si le motif est personnel, et proposer dans la même lettre une date d'état des lieux de sortie.

Pendant que vous préparez la sortie, pensez à l'autre bout de la chaîne : le dépôt de garantie. Notre page dédiée à la restitution du dépôt de garantie détaille les délais d'un ou deux mois et la majoration due par le bailleur qui traîne.

Le loyer pendant le préavis — et le congé du bailleur, en deux phrases

Donner congé n'arrête pas le loyer. Selon les règles résumées dans la fiche F1168 de service-public.fr, vous devez loyer et charges pendant tout le préavis, même en quittant les lieux et en rendant les clés plus tôt. Deux seules issues : le bailleur accepte par écrit d'abréger le délai, ou un nouveau locataire entre dans les lieux avant la fin de votre préavis — à compter de ce jour, vous ne devez plus rien. Partir avant sans l'un ni l'autre expose au paiement du solde.

Pour être complet, le congé du bailleur relève d'un régime entièrement différent : 6 mois avant l'échéance du bail en location vide, 3 mois en meublé, et uniquement pour vendre, reprendre le logement (reprise) ou un motif légitime et sérieux (service-public.fr F929). Si c'est votre bailleur qui met fin au bail et non vous, c'est ce cadre-là qu'il faut lire — pas celui-ci.

Questions fréquentes

Le préavis de départ du locataire est-il de 1 ou 3 mois ?

En meublé, toujours 1 mois, sans motif (art. 25-8, loi n° 89-462). En location vide, 3 mois par défaut, réduits à 1 mois si le logement se situe dans le périmètre zone tendue de la première liste du décret n° 2013-392, ou en cas de motif personnel : premier emploi, mutation, perte d'emploi ou nouvel emploi consécutif à une perte d'emploi, état de santé constaté par certificat médical, violences conjugales avec ordonnance de protection, RSA ou AAH, ou attribution d'un logement social (art. 15, I).

Comment savoir si ma commune ouvre vraiment droit au préavis d'un mois ?

Vérifiez la première liste de l'annexe du décret n° 2013-392 — les 1 434 communes des zones d'urbanisation continue de plus de 50 000 habitants — et non le chiffre d'environ 3 700 communes souvent cité. Les 2 263 communes « tendues touristiques » supplémentaires ne sont concernées que par les mesures fiscales (majoration résidences secondaires, taxe sur les logements vacants), pas par le préavis réduit. Le simulateur officiel de service-public.fr et l'outil gratuit d'AdminLanding appliquent la bonne liste.

Quand mon préavis commence-t-il réellement à courir ?

Le jour où le bailleur reçoit le congé : date de signature de la LRAR, date de la remise en main propre contre récépissé, ou date de la signification par commissaire de justice. La date d'envoi est indifférente, et l'e-mail ou la lettre simple sont sans effet. Si le bailleur ne retire jamais la LRAR, le délai ne court pas (Cass. 3e civ., 24 sept. 2020, n° 19-16.838) — la signification par commissaire de justice est le recours garanti.

Comment se calcule la date exacte de fin de préavis ?

De quantième à quantième : un congé reçu le 5 septembre avec un préavis d'un mois expire le 5 octobre. Si le mois cible n'a pas ce quantième — congé reçu le 30 janvier — le délai expire le dernier jour du mois, soit le 28 février (29 les années bissextiles). Week-ends et jours fériés comptent normalement, y compris comme dernier jour (fiche F32360 de service-public.fr).

Dois-je joindre un justificatif pour bénéficier du préavis d'un mois ?

Pour les motifs personnels (mutation, perte d'emploi, santé, RSA/AAH, logement social), oui — le justificatif doit accompagner la lettre de congé ; produit plus tard, même devant le juge, il ne compte pas et les trois mois s'appliquent (Cass. 3e civ., 11 avr. 2019, n° 18-14.256). Pour la zone tendue, aucune pièce n'est exigée : mentionner le motif avec l'adresse du logement suffit (Cass. 3e civ., 11 janv. 2024, n° 22-19.891). Dans tous les cas, le motif doit figurer dans la lettre dès l'envoi.

Dois-je payer le loyer pendant tout le préavis si je pars plus tôt ?

Oui. Loyer et charges courent jusqu'à la fin du préavis même si vous rendez les clés avant, sauf si le bailleur accepte par écrit de vous libérer ou si un nouveau locataire occupe le logement avant la fin de votre délai — à partir de ce moment, vous ne devez plus rien (fiche F1168 de service-public.fr).

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  • Dépôt de garantie en location : règles, retenues, délais de restitution et litiges (côté bailleur)

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Conclusion : Quitter proprement une location en France tient en quatre vérifications, dans l'ordre : le type de bail (meublé = 1 mois, vide = 3), l'existence réelle d'un motif de préavis réduit (la première liste du décret 2013-392 pour la zone tendue, ou un motif personnel documenté), un mode de remise qui fait effectivement courir le délai (LRAR signée, remise contre récépissé, ou commissaire de justice), et le calcul de quantième à quantième jusqu'à votre vraie date de fin. Énoncez le motif dans la lettre, joignez la preuve quand le motif est personnel, et budgétez le loyer jusqu'au dernier jour inclus. Ce guide est une information générale, pas un conseil personnalisé — vérifiez votre commune et vos dates sur les sources officielles avant de poster quoi que ce soit.

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À propos de l'auteur :

Julien Maurice est le fondateur d'AdminLanding et anime ExpatAdminHub, le compagnon éditorial consacré aux démarches administratives françaises pour les expatriés, bailleurs et frontaliers. Contact : [email protected]

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