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Révision de loyer IRL : quand et comment un bailleur peut augmenter le loyer (et le gel des passoires F/G)
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Révision de loyer IRL : quand et comment un bailleur peut augmenter le loyer (et le gel des passoires F/G)

Publié le 7 juillet 2026

Réviser un loyer en France paraît simple — appliquer l'IRL une fois par an — mais les règles qui l'entourent piègent régulièrement les bailleurs. Laissez passer le délai d'un an et l'augmentation est perdue. Retenez le mauvais trimestre de référence et le locataire peut la contester. Et si le logement est une passoire thermique classée F ou G au DPE, le loyer est purement et simplement gelé, quel que soit l'indice. Ce guide explique, chiffres 2026 à l'appui, quand un bailleur peut légalement augmenter un loyer d'habitation, comment calculer la hausse au centime près, et où le gel énergétique et les zones tendues priment sur l'indice. Il s'appuie sur l'article 17-1 de la [loi n°89-462 du 6 juillet 1989](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F1311?lang=fr) et sur la loi Climat et Résilience, avec des liens vers les textes officiels. À lire avant d'envoyer un avis de révision : une erreur ici coûte le plus souvent toute la hausse de l'année.

En bref

  • L'IRL est publié par l'INSEE, chaque trimestre. Au 1er trimestre 2026, il s'établit à 146,60, soit +0,78 % sur un an — le plafond de hausse pour un bail indexé sur ce trimestre (INSEE).
  • Pas de clause, pas de révision. Le loyer ne peut être révisé chaque année que si le bail contient une clause de révision ; la hausse est plafonnée par la variation de l'IRL (art. 17-1, loi n°89-462).
  • Délai d'un an, aucune rétroactivité. Si le bailleur ne réclame pas la révision dans l'année qui suit sa date d'effet, il est réputé y avoir renoncé pour l'année écoulée — sans rattrapage possible.
  • Les logements F et G sont gelés. Depuis le 24 août 2022 (1er juillet 2024 en outre-mer), le loyer d'un logement classé F ou G au DPE ne peut être ni révisé ni augmenté tant qu'une rénovation ne l'a pas sorti de ces classes (loi Climat n°2021-1104 ; décret n°2022-1079).
  • Le plafond de +3,5 % a pris fin. Le « bouclier loyer » a expiré après le 1er trimestre 2024 en métropole ; les révisions suivent de nouveau l'IRL plein, sous réserve de l'encadrement.
  • Ceci est une information, pas un conseil personnalisé. Vérifiez toujours l'IRL en vigueur pour votre trimestre et votre classe DPE à la source officielle avant d'agir.

Ce qu'est l'IRL — et ce qu'il plafonne réellement

L'indice de référence des loyers (IRL) est publié par l'INSEE quatre fois par an, vers la mi-janvier, la mi-avril, la mi-juillet et la mi-octobre. Par la loi, il correspond à la moyenne, sur les douze derniers mois, des prix à la consommation hors tabac et hors loyers (art. 17-1, loi n°89-462). Ce n'est pas un loyer : c'est le plafond de la hausse qu'une révision annuelle peut appliquer.

Au 1er trimestre 2026, l'IRL s'établit à 146,60, en hausse de +0,78 % sur un an (INSEE, informations rapides). Un bail indexé sur le T1 peut donc être révisé de 0,78 % au maximum sur ce cycle — pas un centime de plus.

Deux erreurs fréquentes :

  • La révision n'est jamais automatique en votre faveur : c'est un plafond, et vous devez la réclamer activement.
  • On applique la variation de l'indice, pas un pourcentage forfaitaire entendu ici ou là. Récupérez toujours le chiffre exact de votre trimestre de référence sur service-public.fr ou l'INSEE.

La clause de révision et le trimestre de référence

La révision annuelle n'existe que si le bail comporte une clause de révision (« Lorsque le contrat prévoit la révision du loyer », art. 17-1 I). La plupart des baux types en prévoient une ; à défaut, vous ne pouvez pas augmenter le loyer en cours de bail — seulement, dans des cas limités, au renouvellement.

Quand la clause existe :

  1. La révision intervient une fois par an, à la date convenue au bail ou, à défaut, au terme de chaque année du contrat.
  2. Elle utilise un trimestre de référence — celui indiqué au bail (par exemple « IRL du 1er trimestre »).
  3. Si le bail n'indique aucun trimestre, on retient le dernier IRL publié à la date de signature (service-public.fr).

Vous ne pouvez réviser qu'une fois par an, et vous devez utiliser le même trimestre pour l'indice de l'année en cours et celui de l'année précédente — mélanger les trimestres est l'erreur de calcul la plus courante.

Ce que dit vraiment l'article 17-1 : la règle du délai d'un an

C'est le piège qui coûte le plus cher aux bailleurs, et il est écrit noir sur blanc à l'article 17-1 de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989 (Légifrance) :

« À défaut de manifester sa volonté d'appliquer la révision du loyer dans un délai d'un an suivant sa date de prise d'effet, le bailleur est réputé avoir renoncé au bénéfice de cette clause pour l'année écoulée. »

Et, point décisif, sur la rétroactivité :

« Si le bailleur manifeste sa volonté de réviser le loyer dans le délai d'un an, cette révision de loyer prend effet à compter de sa demande. »

En pratique :

  • Vous avez 12 mois à compter de la date de révision pour réclamer la hausse.
  • Si vous la réclamez tardivement mais dans l'année, elle s'applique à compter de votre demande — sans rattrapage pour les mois déjà écoulés.
  • Une fois les 12 mois passés, la hausse de cette année-là est définitivement perdue. Impossible de la reporter sur l'année suivante.

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Comment calculer la hausse (avec les chiffres 2026)

La formule de service-public.fr est :

Nouveau loyer = loyer actuel × (IRL du trimestre de référence, année en cours) ÷ (IRL du même trimestre, année précédente), arrondi au centime le plus proche.

Exemple chiffré. Loyer de 800 €, bail indexé sur l'IRL du 1er trimestre, révisé en 2026 :

  • 800 × 146,60 ÷ 145,47 = 806,21 €
  • Hausse mensuelle : +6,21 € (soit +0,78 %).

Valeurs récentes de l'IRL (France métropolitaine) — confirmez toujours le chiffre en vigueur auprès de l'INSEE/ANIL avant d'appliquer :

TrimestreIRLVariation annuelle
---------
2024 T2145,17+3,26 %
2024 T3144,51+2,47 %
2024 T4144,64+1,82 %
2025 T1145,47+1,40 %
2025 T2146,68+1,04 %
2025 T3145,77+0,87 %
2025 T4145,78+0,79 %
2026 T1146,60+0,78 %

Source : ANIL – tableau de l'IRL. Notez que l'indice a réellement reculé au fil de 2024 et 2025 (effets de base sur l'énergie) : utilisez le trimestre exact, ne supposez pas qu'il ne fait que monter.

Le gel des passoires F/G : quand vous ne pouvez pas augmenter du tout

Cette règle prime sur tout ce qui précède. La loi Climat et Résilience n°2021-1104 du 22 août 2021 (art. 159) a complété l'article 17-1 de la loi de 1989, et le décret n°2022-1079 du 29 juillet 2022 en a fixé la date d'entrée en vigueur. Résultat :

  • Depuis le 24 août 2022 en métropole (1er juillet 2024 dans les départements d'outre-mer), le loyer d'un logement classé F ou G au DPE ne peut être ni révisé, ni augmenté au renouvellement, ni relevé à la relocation (ecologie.gouv.fr).
  • Le gel vise tout bail signé, renouvelé ou tacitement reconduit depuis cette date — ce qui, les baux se reconduisant automatiquement, couvre désormais la quasi-totalité du parc F/G.
  • Le gel n'est levé que lorsque des travaux de rénovation portent le DPE à E ou mieux, prouvé par un nouveau diagnostic.

Distinct mais lié : le calendrier de la décence énergétique — les logements G sont interdits à la location depuis le 1er janvier 2025, les F à partir de 2028 et les E à partir de 2034 (métropole ; calendrier susceptible d'ajustements, à vérifier). Si votre bien est F ou G, la priorité est la rénovation, pas la révision.

Zones tendues et encadrement : deux plafonds de plus au-dessus de l'IRL

Même quand l'IRL autorise une hausse, une zone tendue peut la limiter davantage. Deux régimes distincts, souvent confondus :

  1. Encadrement de l'évolution des loyers (art. 18, loi 89-462, décret annuel) : en zone tendue, à la relocation, le nouveau loyer ne peut en principe excéder le dernier loyer du locataire précédent, révisé de l'IRL — sauf exceptions étroites (travaux récents, loyer manifestement sous-évalué).
  2. Encadrement des loyers (loyer de référence majoré) : à Paris, Lyon, Villeurbanne, Lille, Bordeaux, Montpellier, au Pays basque, à Plaine Commune, Est Ensemble et dans d'autres secteurs listés, le loyer doit rester sous un loyer de référence majoré, quel que soit l'IRL.
MécanismeS'applique àCe qu'il limite
---------
Révision IRLRévision annuelle en cours de bail (avec clause)Le % de hausse annuel
Encadrement de l'évolutionRelocation en zone tendueLoyer vs loyer du précédent locataire
Encadrement des loyersVilles listéesPlafond de loyer absolu
Gel F/GTout le territoire, logements F/GBloque toute hausse

Pour mémoire : le plafond temporaire du « bouclier loyer » à +3,5 % a pris fin après le 1er trimestre 2024 en métropole ; les révisions suivent de nouveau l'IRL plein — mais les plafonds ci-dessus restent applicables.

La check-list du bailleur pour appliquer la révision correctement

À dérouler avant d'envoyer quoi que ce soit au locataire :

  1. Vérifiez que le bail comporte une clause de révision et notez le trimestre de référence.
  2. Contrôlez le DPE. F ou G : on s'arrête — le loyer est gelé jusqu'à rénovation.
  3. Vérifiez si vous êtes en zone d'encadrement (encadrement des loyers / zone tendue).
  4. Récupérez l'IRL en vigueur pour votre trimestre sur l'INSEE ou l'ANIL — année en cours et année précédente, même trimestre.
  5. Appliquez la formule et arrondissez au centime.
  6. Notifiez le locataire par écrit, sans tarder. La révision n'est pas rétroactive et vous n'avez que 12 mois — ne laissez pas la fenêtre se refermer.

Si vous n'êtes pas sûr de pouvoir augmenter le loyer cette année, vous pouvez vérifier votre éligibilité à la révision et générer l'avis conforme en quelques minutes — l'outil contrôle la clause, le délai et le gel F/G à votre place.

Questions fréquentes

Mon bail ne contient pas de clause de révision — puis-je quand même augmenter le loyer chaque année ?

Non. L'article 17-1 de la loi n°89-462 n'autorise la révision annuelle que « lorsque le contrat le prévoit ». Sans clause de révision, le loyer reste fixe pendant tout le bail ; vous ne pouvez l'ajuster, dans des cas limités, qu'au renouvellement (jamais au-delà de l'IRL, ni du tout pour un logement F/G). La plupart des baux types incluent la clause — vérifiez le vôtre avant de compter sur une révision.

J'ai oublié de réviser le loyer l'an dernier — puis-je rattraper la hausse ?

Non. La révision n'est jamais rétroactive. Si vous agissez dans l'année suivant la date d'effet, elle s'applique seulement à compter de votre demande, sans rattrapage des mois déjà écoulés. Passé un an, la hausse de cette année-là est légalement perdue : impossible de la récupérer ou de l'ajouter à une révision ultérieure. Réclamez la révision sans tarder chaque année.

Quel trimestre d'IRL dois-je utiliser ?

Celui indiqué dans la clause de révision de votre bail (par exemple « l'IRL du 1er trimestre »). Si le bail n'en mentionne aucun, vous prenez le dernier IRL publié par l'INSEE à la date de signature du bail. Quel que soit le trimestre retenu, appliquez le même pour l'indice de l'année en cours et celui de l'année précédente — mélanger les trimestres est l'erreur de calcul la plus fréquente.

Mon logement est classé F au DPE — puis-je augmenter le loyer à l'arrivée d'un nouveau locataire ?

Non. Depuis le 24 août 2022 (1er juillet 2024 en outre-mer), les logements classés F ou G au DPE ne peuvent voir leur loyer augmenter — ni en cours de bail, ni au renouvellement, ni à la relocation — en application de la loi Climat et Résilience et du décret n°2022-1079. Le gel n'est levé qu'après des travaux portant le DPE à E ou mieux, attestés par un nouveau diagnostic.

Le plafond de 3,5 % sur les hausses existe-t-il encore ?

Plus en métropole. Le plafond temporaire du « bouclier loyer » à +3,5 % a expiré après le 1er trimestre 2024 ; les révisions suivent de nouveau la variation plein de l'IRL — soit +0,78 % au 1er trimestre 2026. En revanche, l'encadrement des loyers et les règles de relocation en zone tendue peuvent encore plafonner votre loyer indépendamment de l'IRL : vérifiez votre commune.

Dois-je envoyer un courrier au locataire, ou la révision est-elle automatique ?

Même avec une clause automatique, la révision ne prend effet qu'une fois réclamée, et à compter de votre demande. En pratique, notifiez le locataire par écrit (lettre ou e-mail) en indiquant l'ancien loyer, les deux valeurs d'IRL, le calcul et le nouveau loyer. Faites-le dans la fenêtre de 12 mois — au-delà, la hausse est perdue pour l'année.

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Conclusion : La révision de loyer récompense la précision et sanctionne le retard. Vérifiez la clause et le trimestre de référence, appliquez l'IRL exact de ce trimestre avec la formule officielle, et notifiez le locataire par écrit dans les douze mois — passé ce délai, la hausse est perdue. Surtout, contrôlez le DPE : un logement F ou G est gelé jusqu'à rénovation, et aucun indice n'y change rien. Ce guide est une information, pas un conseil personnalisé : vérifiez l'IRL en vigueur et votre classe DPE auprès de l'INSEE et de service-public.fr avant d'envoyer quoi que ce soit. Ces deux vérifications faites, le reste n'est que de l'arithmétique.

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À propos de l'auteur :

Julien Maurice is the founder of AdminLanding and writes ExpatAdminHub, the editorial companion covering French administrative procedures for expats, landlords and cross-border workers. Contact: [email protected]

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