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Donner congé à son locataire : congé pour vente, pour reprise, ou pour motif légitime et sérieux
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Série bail et location en France

  • Dépôt de garantie : règles, retenues, litiges
  • Révision de loyer IRL (guide bailleur)
  • Charges récupérables
  • Courte durée : les règles du meublé de tourisme
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  • Obligations du bailleur : la quittance
  • Modèle gratuit de quittance (guide légal)

Donner congé à son locataire : congé pour vente, pour reprise, ou pour motif légitime et sérieux

Publié le 7 juillet 2026

Mettre fin à un bail d'habitation n'a rien d'automatique pour un propriétaire. En France, le bailleur ne peut reprendre son logement qu'à l'échéance du bail, et seulement pour l'un des trois motifs strictement encadrés par la loi : vendre le logement (congé pour vente), l'occuper lui-même ou y loger un proche (congé pour reprise), ou invoquer un motif légitime et sérieux, comme les manquements répétés du locataire. Un préavis manqué, une mention oubliée ou un motif qu'on ne peut pas justifier suffisent à rendre le congé nul : le bail se reconduit alors automatiquement pour une nouvelle période. Ce guide détaille les règles applicables aux locations vides et meublées au titre de la [loi n°89-462 du 6 juillet 1989](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000509310), les préavis de six et trois mois, le contenu obligatoire d'un congé valable, le droit de préemption du locataire en cas de vente, et la protection renforcée des locataires âgés ou modestes. Il s'agit d'une information générale, non d'un conseil personnalisé : vérifiez les chiffres en vigueur à la source officielle avant d'agir.

En bref

  • Trois motifs seulement — le bailleur ne peut donner congé, à l'échéance, que pour vendre (congé pour vente), reprendre (congé pour reprise) ou pour motif légitime et sérieux ; l'art. 15 régit le vide, l'art. 25-8 le meublé (loi n°89-462).
  • Préavis de 6 mois en vide, 3 mois en meublé, décompté à rebours depuis la date d'échéance du bail — un congé tardif est inopérant et le bail se renouvelle pour une nouvelle durée.
  • Le congé pour vente vaut offre de vente — le locataire d'un logement vide bénéficie d'un droit de préemption valable les 2 premiers mois du préavis ; en meublé, ce droit n'existe pas.
  • La reprise est réservée aux proches — le bailleur, son conjoint, partenaire de PACS, concubin notoire depuis ≥1 an, ascendants ou descendants ; un congé frauduleux est un délit puni jusqu'à 6 000 € pour une personne physique et 30 000 € pour une personne morale.
  • Les locataires âgés et modestes sont protégés — un locataire de plus de 65 ans dont les ressources sont sous le plafond du logement social ne peut se voir refuser le renouvellement sans offre de relogement adapté, sauf si le bailleur a lui-même plus de 65 ans ou des ressources aussi modestes.
  • Information, et non conseil — préavis et motifs sont fixés par la loi, mais les plafonds de ressources sont révisés chaque année ; vérifiez les chiffres à jour sur service-public.fr avant d'agir.

On ne peut donner congé qu'à l'échéance du bail — et seulement pour trois motifs

Un bail d'habitation se reconduit automatiquement à chaque échéance (3 ou 6 ans en location vide par un bailleur particulier ; 1 an, ou 9 mois pour un étudiant, en meublé). Le bailleur ne peut pas rompre le bail en cours de route. Pour éviter la reconduction tacite, il doit délivrer un congé — une notification formelle de fin de bail — qui prend effet à la date d'échéance et repose sur l'un des trois motifs prévus par l'art. 15 de la loi n°89-462 (location vide) et l'art. 25-8 (meublé) :

  1. Congé pour vente — vous décidez de vendre le logement libre de tout occupant.
  2. Congé pour reprise — vous reprenez le logement pour l'habiter, ou pour y loger un proche défini par la loi.
  3. Motif légitime et sérieux — le plus souvent l'inexécution par le locataire de l'une de ses obligations (loyers impayés ou retards répétés, défaut d'assurance, troubles de voisinage, sous-location non autorisée), ou la nécessité de réaliser des travaux importants incompatibles avec le maintien dans les lieux.

Il n'existe pas de quatrième motif. « Je veux augmenter le loyer » ou « je préfère d'autres locataires » ne sont pas des motifs valables. En cas de contestation, le juge peut, même d'office, vérifier la réalité et le sérieux du motif (service-public.fr). Les impayés graves se traitent d'ailleurs en général via la clause résolutoire du bail et une procédure judiciaire, non par un congé d'échéance.

Les délais de préavis : six mois en vide, trois mois en meublé

Le préavis se décompte à rebours depuis la date d'échéance du bail, et non à partir du jour de l'envoi. Le locataire doit être touché suffisamment tôt pour que le délai complet soit respecté avant le terme.

Type de bailPréavis minimum du bailleur avant le termeBase légale
---------
Location vide6 moisart. 15, loi n°89-462
Location meublée3 moisart. 25-8, loi n°89-462

En pratique :

  • Le délai court à compter de la réception par le locataire (date de première présentation de la lettre recommandée, ou jour de la remise en main propre), pas de la date d'envoi.
  • Délivré trop tard, le congé est simplement inopérant pour cette échéance : le bail se reconduit et il faut attendre le terme suivant.
  • Délivrer plus tôt que le minimum est possible — un congé anticipé reste valable mais ne prend effet qu'à la date d'échéance.
  • Si vous achetez un logement déjà loué, la loi Macron (2015) encadre le moment où vous pouvez donner un congé pour vente ou pour reprise, en le différant souvent au renouvellement suivant ou de jusqu'à deux ans. Vérifiez votre situation avant de compter sur un congé rapide.

Ce que doit contenir un congé valable (loi n°89-462, art. 15 & 25-8)

Les règles de forme sont strictes car la loi frappe un congé irrégulier de nullité (à peine de nullité). Un congé valable du bailleur doit :

  • Indiquer le motif clairement — vente, reprise, ou le motif légitime et sérieux invoqué.
  • En cas de reprise : préciser les nom et adresse du bénéficiaire de la reprise et la nature du lien avec le bailleur. La loi limite le bénéficiaire au bailleur, son conjoint, son partenaire de PACS, son concubin notoire depuis au moins un an à la date du congé, ses ascendants ou descendants, ou ceux du partenaire.
  • En cas de vente : indiquer le prix et les conditions de la vente envisagée (c'est ce qui transforme le congé en offre), et joindre la notice d'information obligatoire sur les droits du locataire et le déroulement de la vente (exigée depuis la loi Macron).
  • Être adressé à chaque locataire. Si le logement est loué à un couple — marié ou pacsé — le congé doit être délivré aux deux partenaires, même si un seul a signé le bail.
  • Si un mandataire ou intermédiaire l'envoie, il doit néanmoins identifier le bailleur réel.

Une mention obligatoire erronée — mauvais bénéficiaire, lien de parenté omis, absence de prix en cas de vente — permet au locataire de faire annuler l'ensemble du congé, obligeant à tout recommencer à l'échéance suivante.

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Congé pour vente et droit de préemption du locataire

Lorsque vous donnez congé pour vendre un logement vide, le locataire bénéficie d'une priorité légale pour l'acheter — le droit de préemption de l'art. 15-II. Le mécanisme est précis :

  1. Le congé indique le prix et les conditions et vaut juridiquement offre de vente au profit du locataire.
  2. Cette offre est valable pendant les deux premiers mois du préavis de six mois. Le silence du locataire au-delà de deux mois vaut refus, et vous êtes alors libre de vendre à un tiers.
  3. Si le locataire accepte, il dispose de 2 mois pour réaliser l'achat — porté à 4 mois s'il vous a indiqué recourir à un prêt.
  4. Si vous vendez ensuite à un tiers à un prix inférieur ou à des conditions plus avantageuses, le notaire doit notifier ces conditions au locataire ; cette seconde offre est valable un mois, à peine de nullité de la vente.

Point essentiel : en meublé, il n'existe aucun droit de préemption — l'art. 15-II ne vise que la location vide, si bien que le bailleur d'un meublé peut vendre à un tiers sans proposer d'abord au locataire (voir art. 25-8 et ANIL). La préemption ne joue pas non plus lorsque l'acquéreur est un proche parent (jusqu'au troisième degré) qui occupera le logement à titre de résidence principale.

Congé pour reprise : pour qui reprendre — et le piège de la fraude

Le congé pour reprise permet de récupérer le logement comme résidence principale pour vous-même ou un proche défini. Le bénéficiaire ne peut être que le bailleur, son conjoint, son partenaire de PACS, son concubin notoire depuis au moins un an, ou les ascendants/descendants du bailleur ou du partenaire. Impossible de reprendre pour un neveu, un ami, ou pour relouer plus cher.

La reprise doit être réelle. Les tribunaux sanctionnent sévèrement la reprise fictive :

  • Le juge peut vérifier que le bénéficiaire a effectivement emménagé et occupé le logement à titre de résidence principale.
  • Un congé jugé frauduleux (personne n'emménage, ou le logement est vite reloué ou vendu) est annulé, et le locataire peut réclamer une indemnisation intégrale.
  • Depuis la loi ELAN (2018), un congé pour reprise ou vente frauduleux est un délit : amende jusqu'à 6 000 € pour une personne physique et 30 000 € pour une personne morale (Actu-Juridique).

Si vous venez d'acquérir un logement loué, rappelez-vous les délais post-acquisition évoqués plus haut : une reprise ne peut souvent prendre effet qu'environ deux ans après l'achat.

Locataires protégés : garanties d'âge et de ressources

La loi protège les locataires les plus fragiles contre un congé d'échéance. En vertu de l'art. 15-III, vous ne pouvez pas refuser le renouvellement du bail d'un locataire qui est :

  • âgé de plus de 65 ans à la date d'échéance, et
  • dont les ressources annuelles sont inférieures au plafond du logement social (les plafonds PLUS) — les deux conditions sont cumulatives et les ressources s'apprécient sur les 12 mois précédant le congé.

…sans lui proposer un relogement adapté à proximité, correspondant à ses besoins et à ses possibilités. La même protection s'étend au locataire qui héberge une personne à charge de plus de 65 ans remplissant la condition de ressources.

Exception en faveur du bailleur : la protection tombe si vous avez vous-même plus de 65 ans à l'échéance, ou si vos propres ressources sont inférieures au même plafond. Autrement dit, un propriétaire âgé ou modeste n'est pas contraint de reloger un locataire âgé ou modeste.

Les plafonds de ressources sont révisés chaque année : traitez tout montant précis en euros comme indicatif et vérifiez le plafond PLUS en vigueur pour le foyer et la zone avant de délivrer un congé.

Comment délivrer le congé — et réussir la lettre

Seules trois modalités de remise rendent le congé du bailleur valable (service-public.fr) :

  • Lettre recommandée avec avis de réception (LRAR) — la voie la plus courante ; le préavis court à compter de la première présentation.
  • Acte de commissaire de justice (anciennement huissier) — la plus sûre, utile en cas de litige attendu.
  • Remise en main propre — contre récépissé ou émargement.

Un simple courriel n'est pas valable ; la lettre recommandée électronique (LRE) ne joue que si le locataire y a consenti au préalable. Adressez le congé à chaque locataire et aux deux conjoints/partenaires de PACS.

Comme une seule mention manquante annule tout le congé, c'est la lettre elle-même qui fait trébucher les bailleurs. Produire un congé conforme — bon motif, bon préavis, mentions obligatoires de bénéficiaire ou de prix, bonne remise — c'est précisément ce que l'application Rent d'AdminLanding est conçue pour gérer, en générant une lettre conforme au droit français que vous pouvez délivrer en confiance. Elle simplifie les formalités ; elle ne remplace pas un avocat pour un dossier contentieux.

Questions fréquentes

Quel préavis dois-je respecter pour donner congé à mon locataire ?

Six mois avant l'échéance du bail pour un logement vide, trois mois pour un meublé, en application des art. 15 et 25-8 de la loi n°89-462. Le délai se décompte à rebours depuis le terme et court à compter de la réception par le locataire, non de l'envoi. Délivré trop tard, le congé est inopérant et le bail se reconduit pour une nouvelle durée.

Puis-je mettre fin au bail avant son échéance ?

Non. Le congé du bailleur ne peut prendre effet qu'à l'échéance du bail (3 ou 6 ans en vide, 1 an en meublé). En cours de bail, la seule issue est le manquement grave du locataire : vous invoquez la clause résolutoire (généralement pour impayés) et passez par le tribunal, pas par un congé d'échéance.

Dois-je proposer le logement à mon locataire avant de le vendre ?

En location vide, oui. Le congé pour vente vaut offre de vente au locataire, valable les deux premiers mois du préavis : c'est le droit de préemption. S'il accepte, il a deux mois pour conclure, ou quatre avec un prêt. En meublé, ce droit n'existe pas : vous pouvez vendre à un tiers sans proposer d'abord au locataire.

Pour qui puis-je reprendre le logement ?

Uniquement pour vous-même ou un proche défini : votre conjoint, partenaire de PACS, concubin notoire depuis au moins un an, ou les ascendants ou descendants de vous ou de votre partenaire. Le congé doit indiquer le nom, l'adresse et le lien de parenté du bénéficiaire. Reprendre pour une personne hors de cette liste, ou de façon fictive, expose à l'annulation et à des amendes pénales.

Que se passe-t-il si mon locataire est âgé ou modeste ?

Si le locataire a plus de 65 ans à l'échéance et des ressources sous le plafond du logement social (les deux conditions), vous ne pouvez refuser le renouvellement sans lui proposer un relogement adapté à proximité. La protection ne joue pas si vous avez vous-même plus de 65 ans ou des ressources sous le même plafond. Les plafonds étant révisés chaque année, vérifiez le chiffre à jour.

Que risque-t-on si le congé est irrégulier ou frauduleux ?

Un congé qui omet une mention obligatoire — mauvais bénéficiaire, absence de prix en cas de vente, préavis tardif — est nul, et le bail se reconduit. Une reprise ou une vente frauduleuse (personne n'emménage, relocation rapide) est pire : depuis la loi ELAN, c'est un délit puni jusqu'à 6 000 € pour une personne physique et 30 000 € pour une personne morale, outre des dommages-intérêts au locataire.

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Conclusion : Donner congé en France est une formalité sans presque aucune marge d'erreur : le bon motif, le bon préavis, les bonnes mentions et la bonne remise doivent tous concorder, faute de quoi le bail se reconduit. Déterminez tôt lequel des trois motifs s'applique, décomptez les six ou trois mois depuis le terme, respectez le droit de préemption en cas de vente, et vérifiez si les protections d'âge ou de ressources jouent. Surtout, soignez la lettre elle-même. Ce guide est une information, non un conseil personnalisé : confirmez tout chiffre révisé chaque année à la source officielle avant de délivrer le congé.

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À propos de l'auteur :

Julien Maurice is the founder of AdminLanding and writes ExpatAdminHub, the editorial companion covering French administrative procedures for expats, landlords and cross-border workers. Contact: [email protected]

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