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Charges récupérables : ce qu'un bailleur peut refacturer au locataire
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Série bail et location en France

  • Dépôt de garantie : règles, retenues, litiges
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  • Fiscalité LMNP : micro-BIC ou réel
  • Bail de location : le guide complet
  • Obligations du bailleur : la quittance
  • Modèle gratuit de quittance (guide légal)

Charges récupérables : ce qu'un bailleur peut refacturer au locataire

Publié le 7 juillet 2026

Louer un logement en France ne vous autorise pas à refacturer n'importe quoi à votre locataire. La loi sépare nettement le loyer — que vous fixez librement, hors zones encadrées — et les charges récupérables, les dépenses courantes de l'immeuble que vous pouvez répercuter. Cette liste est limitative : elle a été fixée par décret en 1987, et seul ce qui y figure peut être récupéré. Une erreur, et le locataire peut réclamer plusieurs années de trop-perçu. Ce guide explique, côté bailleur comme côté locataire, ce qui est réellement récupérable, comment fonctionne la régularisation annuelle, votre droit de consulter les justificatifs, le délai de trois ans qui limite les réclamations dans les deux sens, et pourquoi un bail meublé ou mobilité suit d'autres règles. Les chiffres et références proviennent de [service-public.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F947) et des textes applicables. Il s'agit d'une information, non d'un conseil personnalisé : vérifiez chaque chiffre à la source avant d'agir.

En bref

  • Liste limitative, sans exception : seules les charges citées par le décret n°87-713 du 26 août 1987 sont récupérables ; tout ce qui n'y figure pas reste à la charge du bailleur.
  • Régularisation au moins une fois par an : en régime de provisions, le bailleur régularise les charges réelles chaque année et adresse un décompte par nature un mois avant (article 23, loi n°89-462).
  • Six mois pour consulter les justificatifs : les pièces justificatives restent à disposition du locataire pendant 6 mois après l'envoi du décompte (article 23, loi n°89-462).
  • Délai de trois ans, dans les deux sens : depuis la loi ALUR (2014), le bailleur peut réclamer — et le locataire récupérer — des charges sur 3 ans maximum (article 7-1, loi n°89-462).
  • Le meublé suit d'autres règles : un bail meublé peut prévoir un forfait (sans régularisation) ou des provisions ; le bail mobilité impose un forfait.
  • TEOM oui, taxe foncière non : la taxe d'enlèvement des ordures ménagères est récupérable ; la taxe foncière du propriétaire et les gros travaux ne le sont pas. Information générale — vérifiez les montants à jour à la source officielle.

Le principe : une liste limitative, pas un chèque en blanc

Le droit français répartit ce que paie le locataire en deux blocs : le loyer, et les charges récupérables (aussi appelées charges locatives). L'article 23 de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989 les définit comme des sommes accessoires au loyer, couvrant trois familles de dépenses :

  1. Les services liés à l'usage de l'immeuble — eau, chauffage collectif, fonctionnement de l'ascenseur, électricité des communs.
  2. L'entretien courant et les menues réparations des parties communes et des équipements partagés.
  3. Les impositions et taxes correspondant à des services dont le locataire profite — au premier chef la taxe d'enlèvement des ordures ménagères (TEOM).

Point essentiel : l'article 23 ne dresse pas lui-même la liste. Il la renvoie à un décret en Conseil d'État — le décret n°87-713 du 26 août 1987. Cette liste est limitative : si une dépense n'y figure pas, elle ne peut pas être mise à la charge du locataire, point final. Une seule brèche existe — un accord collectif local portant sur la sécurité ou les travaux d'économie d'énergie — mais c'est l'exception, pas la règle.

Ce que vous pouvez refacturer, et ce que vous ne pouvez pas

Le décret 87-713 classe les charges récupérables par poste (eau, chauffage, ascenseur, parties communes, extérieurs, taxes). La ligne de partage est simple : la consommation et l'entretien courant sont pour le locataire ; la propriété, le remplacement et l'amélioration sont pour le bailleur.

Récupérable (à la charge du locataire)Non récupérable (à la charge du bailleur)
------
Eau froide/chaude consommée + combustible de l'eau chaudeToiture, façade, réparations structurelles ou lourdes
Combustible du chauffage collectif + entretien courant chaudièreRemplacement de la chaudière, de l'ascenseur, gros équipements
Électricité de l'ascenseur + entretien courant et menues réparationsTaxe foncière (sauf la part TEOM)
Éclairage des communs, produits d'entretien, personnel (voir ci-dessous)Honoraires de syndic/gestion, travaux exceptionnels
Espaces verts, allées, entretien du parkingAssurance de l'immeuble, travaux d'amélioration
Taxe d'enlèvement des ordures ménagères (TEOM), taxe de balayageFrais de relocation, impayés, vacance

La règle du gardien est précise. Selon le décret 87-713, le salaire et les charges sociales d'un gardien ou concierge sont récupérables à 75 % s'il assure à la fois l'entretien des parties communes et l'élimination des déchets, mais seulement à 40 % s'il n'assure qu'une seule de ces deux tâches. Salaire en nature, indemnités de licenciement et intéressement ne sont jamais récupérables.

Provisions et régularisation annuelle

La façon habituelle de percevoir les charges dans un bail vide est la provision sur charges : une avance mensuelle versée avec le loyer. Comme une provision n'est qu'une estimation, l'article 23 de la loi n°89-462 rend la régularisation annuelle obligatoire — la régularisation des charges.

Le mécanisme :

  1. Le montant de la provision doit être justifié par les résultats de la précédente régularisation et le budget prévisionnel de l'immeuble — jamais fixé arbitrairement.
  2. Au moins une fois par an, le bailleur compare le total des provisions encaissées aux dépenses réelles et justifiées.
  3. Un mois avant la régularisation, il adresse au locataire un décompte par nature de charges — poste par poste — accompagné, en immeuble collectif, du mode de répartition et des éléments de consommation de chauffage.
  4. Si le locataire a trop peu payé, un complément est dû ; s'il a trop payé, le trop-perçu lui est remboursé.

Une protection pour le locataire : si la régularisation n'a pas eu lieu avant la fin de l'année suivant l'année de référence, le locataire peut demander à payer le solde par douzièmes, étalé sur 12 mois (article 23).

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Votre droit de consulter les justificatifs

On ne demande pas au locataire de croire un simple total. L'article 23 de la loi n°89-462 lui donne un droit de regard explicite : pendant six mois à compter de l'envoi du décompte, le bailleur doit tenir les pièces justificatives à la disposition du locataire, dans des conditions normales.

En pratique :

  • Le bailleur doit permettre de consulter les factures, contrats et — en copropriété — les décomptes de charges du syndic. Il n'y a pas d'obligation automatique d'envoyer les photocopies de tout, mais l'accès doit être réel et raisonnable (souvent en agence ou chez le syndic).
  • Pour le chauffage et l'eau chaude collectifs, les éléments de consommation doivent accompagner le décompte, et pas seulement être fournis sur demande.
  • Si le bailleur refuse de justifier une ligne, le locataire peut légitimement en suspendre le paiement tant qu'elle n'est pas étayée.

Le locataire qui demande le détail paie rarement trop ; le bailleur qui tient des comptes propres perd rarement le débat. Un conseil gratuit est disponible auprès de votre ADIL/ANIL, qui peut relire un décompte ligne par ligne.

Meublé et bail mobilité : forfait ou provisions

Pour une location meublée, l'article 25-10 de la loi n°89-462 laisse aux parties le choix entre deux régimes :

RégimeRégularisation annuelle ?Où il s'applique
---------
Provisions sur chargesOui — obligatoire, au réelBail vide ; meublé (au choix)
Forfait de chargesNon — somme fixe, jamais ajustéeMeublé (au choix) ; bail mobilité (obligatoire)

Le forfait est un montant fixe inscrit au bail et versé avec le loyer. Il ne peut jamais donner lieu à un complément ni à un remboursement : si les charges réelles sont plus élevées, le bailleur assume la différence ; si elles sont moindres, le locataire la conserve. Le seul garde-fou : le forfait ne doit pas être manifestement disproportionné au regard des charges réelles de l'immeuble.

Le bail mobilité (bail de 1 à 10 mois pour étudiants et actifs en mobilité, créé par la loi ELAN de 2018) supprime le choix : les charges sont perçues uniquement au forfait, donc aucune régularisation n'est possible. La liste récupérable reste, elle, le même décret 87-713 dans tous les cas.

Le délai de trois ans (et le point de départ)

Aucune des deux parties ne peut remonter indéfiniment. L'article 7-1 de la loi n°89-462 — introduit par la loi ALUR du 24 mars 2014 — fixe une prescription de trois ans pour les actions dérivant du bail, y compris les arriérés de loyer et de charges.

Elle joue dans les deux sens :

  • Un bailleur qui a oublié de régulariser peut encore récupérer des charges sous-estimées, mais sur les 3 dernières années seulement.
  • Un locataire trop facturé peut récupérer le trop-perçu, également sur 3 ans au maximum.

Exemple : une charge datée de mars 2025 peut être réclamée jusqu'en mars 2028 ; au-delà, elle est prescrite et peut être refusée sans risque.

Une subtilité compte pour le locataire. Pour l'action en répétition des charges indues, la Cour de cassation retient que le délai de 3 ans court à compter de la régularisation qui a révélé le trop-perçu — le moment où le locataire pouvait connaître l'existence d'une somme indue — et non de la date, antérieure, à laquelle chaque provision a été versée.

Réaliser une régularisation propre

La plupart des litiges de charges tiennent à deux erreurs du bailleur : refacturer un poste hors liste, ou sauter la régularisation annuelle. Une régularisation défendable suit chaque année le même ordre :

  1. Rassembler les chiffres réels — décompte du syndic, factures d'eau et d'énergie, contrats d'entretien.
  2. Retirer les lignes non récupérables — taxe foncière (ne garder que la TEOM), gros travaux, honoraires de gestion, part non récupérable du gardien.
  3. Appliquer les bonnes clés — les tantièmes du locataire, et le taux gardien de 75 % / 40 %.
  4. Comparer aux provisions encaissées et calculer le complément ou le remboursement.
  5. Envoyer le décompte un mois avant et tenir les pièces justificatives à disposition pendant six mois.

Établir et envoyer ce décompte détaillé — avec le justificatif que le locataire peut réellement vérifier — est exactement le genre de tâche que notre espace de gestion locative automatise : voir l'application Rent by AL. Faites-le proprement une fois par an, et le risque des trois ans disparaît quasiment.

Questions fréquentes

Mon bailleur peut-il me facturer la taxe foncière ?

Non. La taxe foncière est une charge du propriétaire. La seule part répercutable est la taxe d'enlèvement des ordures ménagères (TEOM), qui figure sur l'avis de taxe foncière. Certains bailleurs refacturent à tort la totalité — demandez le détail, payez la ligne TEOM et refusez le reste. Tout doit renvoyer au décret 87-713.

Jusqu'où un bailleur peut-il réclamer des charges impayées ?

Trois ans. Depuis la loi ALUR (article 7-1, loi 89-462), les arriérés de loyer et de charges se prescrivent par trois ans. Une charge de mars 2025 peut être réclamée jusqu'en mars 2028 ; au-delà, vous pouvez la refuser sans risque. Le même délai de trois ans permet au locataire trop facturé de récupérer un trop-perçu.

Avec un forfait de charges, puis-je récupérer de l'argent ?

Non. Le forfait est une somme fixe : aucune régularisation, aucun ajustement dans un sens ou dans l'autre. Il n'existe que pour les baux meublés et mobilité. Si les charges réelles sont inférieures, vous gardez la différence ; si elles sont supérieures, le bailleur l'assume — à condition que le forfait ne soit pas manifestement disproportionné aux charges réelles.

Le bailleur doit-il m'envoyer une copie de chaque facture ?

Pas des copies, mais un accès. Selon l'article 23 de la loi 89-462, les pièces justificatives doivent être consultables pendant six mois après l'envoi du décompte — souvent en agence ou chez le syndic. Pour le chauffage et l'eau chaude collectifs, les éléments de consommation doivent accompagner le décompte lui-même, pas seulement être fournis sur demande.

Que se passe-t-il si le bailleur n'a jamais régularisé ?

Il peut encore rattraper, mais uniquement dans la limite des trois ans. Et si la régularisation arrive plus d'un an en retard, vous pouvez demander à payer le solde en douze mensualités (article 23). Si vous avez été trop facturé, vous pouvez récupérer le trop-perçu sur trois ans. Un conseiller ADIL/ANIL gratuit peut vérifier les calculs.

Les charges sont-elles différentes en location meublée ?

Elles peuvent l'être. Un bail meublé peut prévoir des provisions avec régularisation annuelle, comme un bail vide, ou un forfait sans aucune régularisation. Le bail mobilité impose un forfait. La liste récupérable, elle, ne change pas : c'est toujours le décret 87-713, quel que soit le type de bail.

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Conclusion : Les charges récupérables comptent parmi les lignes les plus contestées d'une location française — le plus souvent parce qu'un bailleur refacture un poste hors liste ou saute la régularisation annuelle. Les règles sont pourtant claires : une liste limitative de 1987, une régularisation annuelle avec décompte et six mois de justificatifs, un forfait fixe pour les baux meublés et mobilité, et un délai de trois ans qui joue dans les deux sens. Le bailleur qui documente perd rarement ; le locataire qui demande le détail paie rarement trop. Information générale, non conseil personnalisé : vérifiez chaque chiffre sur service-public.fr ou auprès de votre ADIL/ANIL avant d'agir.

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À propos de l'auteur :

Julien Maurice is the founder of AdminLanding and writes ExpatAdminHub, the editorial companion covering French administrative procedures for expats, landlords and cross-border workers. Contact: [email protected]

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