Si 2026 est l'année où vous devenez bailleur français — par achat, héritage ou départ à l'étranger en gardant un bien jusque-là occupé — les 90 premiers jours fixent la trajectoire pour la suite.
Jours 1–7 : identifiez votre statut fiscal. Faites tourner le test de l'article 4 B en toute honnêteté. Si vous passez plus de 183 jours par an en France, plus de la moitié de votre activité professionnelle s'y exerce, ou votre famille y vit, vous êtes résident et le SIPNR ne s'applique pas — déclarez à votre service départemental habituel. Sinon, vous êtes non-résident et le SIPNR est votre service des impôts à vie (jusqu'à changement de situation).
Jours 8–30 : obtenez un numéro fiscal si vous n'en avez pas. Utilisez le formulaire de demande sur impots.gouv.fr. Joignez l'acte de vente du notaire si l'achat est récent. Le numéro arrive par courrier à l'adresse que vous indiquez.
Jours 30–60 : choisissez votre régime locatif. Le nu relève du micro-foncier par défaut (abattement forfaitaire de 30 %, simple) jusqu'à 15 000 € de loyers bruts, puis bascule en régime réel (déduction des charges réelles : intérêts d'emprunt, travaux, assurance, taxe foncière). Le meublé relève du micro-BIC par défaut (abattement de 50 %) jusqu'à 77 700 €, puis du régime réel sous LMNP. La directionnalité du verrou compte : opter pour le régime réel à partir du micro-foncier vous lie au régime réel pendant 3 ans au titre de l'article 32-4 CGI, et l'option se renouvelle tacitement ensuite sauf renonciation expresse. À l'inverse — repasser au micro-foncier — est automatique l'année où vos loyers bruts retombent sous 15 000 €, sans formalité. Pour le LMNP meublé, l'option pour le régime réel au titre de l'article 50-0 CGI est annuelle et se reconduit tacitement, donc le verrou est nettement moins fort que côté nu. Pour la matrice de décision complète meublé / non meublé spécifique aux propriétaires étrangers, voir notre guide de décision meublé ou non meublé.
Jours 60–90 : organisez vos justificatifs. Le fisc peut ne rien demander cette année, mais s'il le fait (les redressements DGFiP ont progressé de 9,9 % en 2024 pour atteindre 16,7 milliards d'euros, selon le rapport d'activité DGFiP 2024 publié en juin 2025), il demande bail, quittances de loyer mensuelles de l'année, reçu du dépôt de garantie, état des lieux d'entrée et de sortie en cas de fin de bail, avis de taxe foncière, attestation d'assurance (PNO), et relevés bancaires montrant les loyers reçus. Des fichiers éparpillés entre e-mails et boîtes à chaussures sont un problème à 200 km du bien ; le stockage centralisé est ce qui sauve des heures sous contrôle. Un dossier cloud bien rangé suffit ; le tableau de bord web AdminLanding pour la gestion locative fait la même chose avec les documents pré-générés et regroupés par bail — utile pour un bailleur non-résident qui doit faire le travail de back-office sans bureau français où s'asseoir.
Pour le choix opérationnel entre engager un mandataire de gestion et auto-gérer à distance (signatures eIDAS, lettre recommandée électronique, règles d'adresse de notification), voir notre guide de gestion à distance.
À garder en favoris, pas par cœur : le numéro du SIPNR (+33 1 72 95 20 42), la page officielle non-résidents sur impots.gouv.fr, la ligne juridique gratuite de l'ANIL sur anil.org, et la section RFPI du BOFiP.