Deux paramètres concentrent l'essentiel de l'écart entre les deux régimes :
1. L'abattement. Le micro-foncier réduit les loyers bruts de 30 % avant impôt ; le micro-BIC les réduit de 50 %. Sur 12 000 € de loyer brut, la base imposable est de 8 400 € en non meublé contre 6 000 € en meublé — environ 28 % d'impôt en moins en meublé, avant même tout autre paramètre.
2. L'amortissement. Au régime réel meublé (LMNP), le bâti (hors terrain) peut être amorti au titre de l'article 39 C du CGI — typiquement décomposé en composants (gros œuvre 25 à 40 ans, second œuvre 10 à 20 ans, équipements techniques 8 à 15 ans) et déduit comme charge chaque année. Cette déduction n'existe pas en revenus fonciers (régime réel non meublé). Pour un bien à 300 000 € (dont environ 240 000 € de bâti, 60 000 € de terrain), un amortissement de 2,5 % par an sur le bâti produit 6 000 € de charge déductible annuelle — sans qu'aucune trésorerie ne sorte de votre compte. Combiné aux déductions des charges réelles (intérêts d'emprunt, travaux, assurance, syndic, taxe foncière), l'amortissement ramène souvent le revenu locatif imposable à zéro ou quasi-zéro pendant les 8 à 15 premières années d'un investissement LMNP.
Règle LMNP importante : l'amortissement est plafonné. Au titre de l'article 39 C, la déduction annuelle d'amortissement ne peut excéder le revenu locatif net des autres charges déductibles — l'amortissement ne peut donc pas créer un déficit. Les amortissements non utilisés sont reportables indéfiniment sur les revenus locatifs futurs, mais ne deviennent jamais un déficit foncier imputable sur le revenu global. Cela diffère matériellement du régime réel non meublé, où le déficit foncier est imputable sur le revenu général jusqu'à 10 700 € par an (article 156 I-3° CGI).
3. Prélèvements sociaux — et la hausse LMNP de 2026. Jusqu'à la LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025), les deux régimes supportaient les mêmes 17,2 % de prélèvements sociaux pour les résidents fiscaux français (CSG 9,2 % + CRDS 0,5 % + prélèvement de solidarité 7,5 %) sur le revenu locatif net, au titre de l'article L136-7 du Code de la sécurité sociale. L'article 12 de la LFSS 2026 a porté la CSG de 9,2 % à 10,6 % sur la catégorie revenus du capital qui inclut les BIC location meublée — portant le taux LMNP à 18,6 % sur les revenus 2025 déclarés en 2026.
La fracture 2026 pour les résidents :
- Location nue (revenus fonciers) : 17,2 % — la hausse LFSS 2026 exclut explicitement les revenus fonciers de l'augmentation CSG. Le taux non meublé reste inchangé sur les revenus 2025.
- LMNP (BIC meublé) : 18,6 % — le nouveau taux s'applique au revenu BIC net de l'année de déclaration 2025. Les acomptes de prélèvement à la source 2025 ayant été calibrés à l'ancien 17,2 %, la régularisation de fin d'année en septembre 2026 produira un supplément de prélèvements sociaux correspondant à l'écart de 1,4 point sur la base LMNP. Anticiper le choc de trésorerie.
Pour un bien générant 15 000 € de revenu LMNP net, la hausse de 1,4 point ajoute 210 € de prélèvements sociaux pour la déclaration 2026 — petit en absolu mais raison structurelle pour laquelle l'écart non meublé / meublé se resserre sur l'axe des prélèvements sociaux. Sources : legifrance.gouv.fr pour la loi n° 2025-1403 art. 12 ; service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2329 ; impots.gouv.fr page CSG 2026.
Pour les bailleurs non-résidents, le taux affilié UE/EEE/Suisse reste à 7,5 % (article L136-7-I bis CSS) — la hausse LFSS 2026 porte sur la CSG, que les non-résidents UE/EEE/Suisse ne paient pas. Voir notre guide première année du bailleur non-résident pour la fracture complète.